Publié le 17 mai 2024

En résumé :

  • Ne cherchez pas à tout voir ; choisissez un ou deux « parcours-dialogues » thématiques pour une expérience plus riche.
  • Planifiez votre visite stratégiquement en réservant en ligne et en privilégiant les créneaux moins achalandés comme le mardi matin ou le mercredi soir.
  • Explorez au-delà des tableaux : les collections de design et les sculptures extérieures font partie intégrante de l’expérience du MBAM.
  • Le MBAM est plus qu’un musée ; c’est un écosystème culturel qui dialogue avec son quartier, la société et d’autres institutions montréalaises.

Le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) est une institution. Cinq pavillons, des dizaines de salles, des millénaires d’histoire de l’art… Cette immensité a de quoi impressionner, mais aussi intimider. Combien de visiteurs, animés des meilleures intentions, ont ressenti cette fatigue muséale, ce sentiment d’être submergé par une liste infinie d’œuvres à « consommer » ? Cette sensation de ne pas savoir par où commencer et de finir par errer sans but est une expérience partagée. On se rabat alors sur les conseils habituels : « il faut voir les maîtres flamands », « ne manquez pas l’exposition du moment ». Ces recommandations sont justes, mais elles effleurent à peine la surface.

Et si la clé d’une visite réussie n’était pas de voir plus, mais de voir mieux ? Si, au lieu de considérer le musée comme une simple collection d’objets, nous l’abordions comme un lieu de conversations multiples ? Visiter le MBAM n’est pas une course, c’est un dialogue. Un dialogue entre les œuvres, entre les époques, mais aussi un dialogue entre le musée et son quartier, entre l’art et la société, et surtout, entre l’art et vous. Cette approche transforme radicalement l’expérience : on ne cherche plus à cocher des cases, mais à suivre un fil narratif, à explorer une thématique qui nous parle personnellement.

Ce guide est conçu pour vous donner les clés de ce dialogue. Nous n’allons pas seulement vous lister les incontournables. Nous allons vous proposer des stratégies pour construire votre propre parcours, comprendre les différentes facettes de cet écosystème culturel unique et transformer votre prochaine visite en une expérience mémorable, ciblée et profondément enrichissante. Vous apprendrez à déchiffrer les multiples conversations que le musée vous propose, pour enfin vous l’approprier.

Pour naviguer à travers les multiples facettes de cette institution montréalaise, cet article vous propose un parcours structuré. Découvrez les trésors à ne pas manquer, les stratégies pour une visite sereine et les angles surprenants qui font la richesse unique du Musée des beaux-arts de Montréal.

Les 10 trésors du Musée des beaux-arts que vous ne devez absolument pas manquer

Face à une collection encyclopédique qui frôle les 43 000 œuvres, l’idée de sélectionner seulement dix trésors est à la fois un défi et une nécessité. Plutôt qu’une liste exhaustive, considérez cette sélection comme une proposition de « premier dialogue » avec le musée. C’est un parcours-récit conçu pour vous donner un aperçu de la diversité et de la richesse des collections sans vous épuiser. L’objectif n’est pas de tout voir, mais de saisir l’esprit du lieu en quelques étapes clés.

Ce parcours initiatique vous invite à voyager à travers les pavillons et les époques. Au lieu de courir d’une « masterpiece » à l’autre, cette approche vous permet de vous immerger dans des contextes artistiques distincts. C’est une manière de cartographier mentalement le musée et de comprendre sa structure. Chaque étape est une porte d’entrée vers un univers, que ce soit l’audace des signataires de Refus global, la profondeur psychologique d’un portrait de Rembrandt ou la radicalité d’une installation contemporaine.

Voici un itinéraire stratégique pour découvrir certaines des œuvres phares :

  • Commencez par le pavillon Claire et Marc Bourgie, installé dans une ancienne église. C’est le cœur de l’art québécois et canadien. Prenez le temps d’admirer une toile monumentale de Jean-Paul Riopelle ou de Paul-Émile Borduas pour ancrer votre visite dans l’identité artistique d’ici.
  • Traversez ensuite vers le pavillon Jean-Noël Desmarais pour un saut en Europe. C’est là que vous trouverez les maîtres anciens, dont le célèbre Portrait d’une femme de Rembrandt et d’autres peintres flamands du XVIIe siècle.
  • Montez au 4e étage de ce même pavillon pour un contraste saisissant avec l’art contemporain international et les grandes expositions temporaires.
  • Dirigez-vous vers le pavillon Michal et Renata Hornstein pour un voyage à travers les cultures du monde et l’art ancien, de l’Égypte antique aux arts d’Asie.
  • Terminez votre parcours en beauté au pavillon Liliane et David M. Stewart, un trésor dédié à la collection exceptionnelle de design et d’arts décoratifs.

Ce parcours n’est qu’une suggestion. L’important est de comprendre que chaque pavillon propose une conversation différente. Le véritable trésor, c’est de trouver celle qui résonne le plus en vous.

Le musée hors les murs : comment le MBAM a transformé son quartier en galerie d’art à ciel ouvert

L’expérience du MBAM ne commence pas lorsque vous franchissez ses portes et ne s’arrête pas lorsque vous en sortez. Le musée est une entité poreuse, dont l’influence et les collections débordent dans l’espace public, dialoguant directement avec la ville et ses passants. Cette stratégie du « musée hors les murs » est particulièrement visible dans le Jardin de sculptures, qui s’étend le long de la rue Sherbrooke et de l’avenue du Musée, au cœur du prestigieux quartier du Mile carré doré.

En se promenant aux abords des pavillons, on découvre une véritable galerie à ciel ouvert. Des œuvres monumentales d’artistes internationaux comme Dale Chihuly, Jaume Plensa ou Antony Gormley ponctuent le paysage urbain. Ces sculptures ne sont pas de simples décorations ; elles sont des ambassadrices de l’art, invitant à la contemplation et à la curiosité, même pour ceux qui n’avaient pas prévu de visiter le musée. Elles créent un point de contact permanent entre l’institution et la vie quotidienne montréalaise, rendant l’art accessible et inattendu.

Cette démarche transforme la visite en une expérience plus globale. Avant même d’entrer, le visiteur est déjà plongé dans un univers artistique. Après la visite, la promenade dans le quartier prolonge la réflexion. C’est une manière intelligente de brouiller les frontières entre l’intérieur et l’extérieur, entre l’espace sacré du musée et l’espace profane de la rue.

Sculpture monumentale dans la neige devant l'architecture historique du musée

Comme le montre cette scène hivernale, l’art au MBAM vit au rythme des saisons montréalaises. La neige qui recouvre partiellement une sculpture n’est pas une contrainte, mais une nouvelle couche de sens, un dialogue imprévu entre l’œuvre et le climat. Le Jardin de sculptures est ainsi une démonstration puissante de la volonté du musée d’être un acteur culturel vivant, pleinement ancré dans son environnement et ouvert sur la cité.

Au-delà des tableaux : découvrez la collection de design secrète du Musée des beaux-arts

Quand on pense « musée des beaux-arts », l’imaginaire convoque immédiatement des salles remplies de peintures et de sculptures. Pourtant, l’une des conversations les plus fascinantes que propose le MBAM est celle qu’il entretient avec les objets de notre quotidien. Le pavillon Liliane et David M. Stewart abrite une collection de design et d’arts décoratifs d’une richesse insoupçonnée, souvent qualifiée de « secrète » par les visiteurs qui la découvrent par hasard.

Cette collection est un véritable trésor qui retrace l’histoire de la créativité humaine appliquée à l’environnement domestique et public. Des meubles iconiques du Bauhaus aux créations audacieuses de Philippe Starck, en passant par des pièces de verrerie, de céramique ou de mode, le musée nous invite à porter un regard différent sur les objets qui nous entourent. Une simple chaise n’est plus un simple objet fonctionnel, mais le témoin d’une époque, d’une vision du monde et d’une innovation technique. C’est un dialogue entre l’art et l’industrie, entre l’esthétique et l’usage.

Consacrer une partie de sa visite à cette collection, c’est s’offrir une perspective rafraîchissante. Cela permet une pause bienvenue après l’intensité des grandes œuvres picturales et nous reconnecte à une forme d’art plus tangible. On y découvre comment les artistes et les designers ont cherché à embellir la vie de tous les jours, à résoudre des problèmes concrets avec élégance et ingéniosité. C’est une exploration qui fait écho à nos propres intérieurs et à nos propres choix de consommation, rendant l’expérience muséale étonnamment personnelle.

La richesse des collections du musée est en effet répartie stratégiquement dans les cinq pavillons de la cité muséale, et le pavillon Stewart est celui qui met en lumière cet axe fort du design. L’ignorer serait se priver d’un chapitre essentiel du grand récit que raconte le MBAM, celui de la beauté sous toutes ses formes.

Grandes expos au MBAM : le plan de bataille pour éviter les files d’attente

Les grandes expositions temporaires sont souvent le point d’orgue d’une visite au MBAM. Elles attirent les foules et génèrent une émulation palpable. Cependant, cette popularité peut aussi se transformer en parcours du combattant : longues files d’attente, salles bondées, difficulté à s’approcher des œuvres… Pour que le dialogue avec l’art ne soit pas noyé dans le bruit de la foule, une bonne préparation est essentielle. Il ne s’agit pas de « battre le système », mais de choisir intelligemment son moment pour une expérience plus sereine.

La première règle d’or est d’anticiper. L’ère du numérique offre des outils précieux pour optimiser sa visite. En plus de garantir votre place, la réservation en ligne vous fait souvent économiser quelques dollars. Mais la stratégie ne s’arrête pas là. Il faut apprendre à lire le rythme du musée et de la ville. Certains créneaux sont naturellement moins prisés, offrant des conditions de visite quasi idéales.

Hall d'entrée moderne et lumineux du musée avec escaliers monumentaux

Pour déjouer l’affluence, voici quelques astuces éprouvées :

  • Réservez en ligne : C’est le conseil de base. Vous économiserez non seulement de l’argent (2 $ de rabais) mais surtout un temps précieux en évitant la billetterie sur place.
  • Visez les « heures creuses » : Le mardi matin est souvent plus calme. De plus, entre 10h et 13h, l’accès est gratuit pour les 65 ans et plus, ce qui peut influencer l’affluence.
  • Évitez le premier dimanche du mois : La gratuité pour les résidents du Québec est une initiative formidable, mais elle transforme le musée en une ruche bourdonnante. À éviter si vous cherchez la quiétude.
  • Profitez des nocturnes : Le mercredi soir, de 17h à 21h, le musée propose un tarif réduit pour les expositions temporaires. L’ambiance y est souvent plus détendue.
  • L’astuce du Montréalais : Planifiez votre visite pendant un événement sportif majeur, comme un match important du Canadien de Montréal. Une partie non négligeable de la ville aura les yeux rivés ailleurs !

Votre plan de visite personnalisé en 5 étapes

  1. Points de contact : Listez les « dialogues » qui vous intéressent le plus. Est-ce l’art québécois, le design, les maîtres anciens, ou une exposition temporaire spécifique ? Choisissez 2 thèmes maximum.
  2. Collecte : Consultez le site du MBAM. Notez les pavillons correspondants à vos thèmes, les horaires d’ouverture et les jours de nocturne ou de gratuité.
  3. Cohérence : Votre plan est-il réaliste ? Une visite de 3 heures est idéale. Confrontez votre liste d’envies à cette durée. Assurez-vous que les pavillons choisis sont géographiquement proches pour éviter les allers-retours fatigants.
  4. Mémorabilité/émotion : Pour chaque thème, identifiez une ou deux œuvres que vous voulez absolument voir. Le but n’est pas de tout voir, mais de créer quelques moments forts et mémorables.
  5. Plan d’intégration : Réservez votre billet en ligne pour le créneau horaire le plus stratégique (ex: mercredi soir). Intégrez une pause-café ou un moment dans le Jardin de sculptures pour éviter la saturation.

L’adhésion au musée peut aussi être une option judicieuse. Comme le montre cette analyse des options de billetterie, devenir Membre offre un accès illimité et prioritaire, ce qui peut être rapidement rentabilisé pour les résidents qui prévoient plusieurs visites par an. C’est le meilleur moyen de visiter les grandes expositions dès leur ouverture, avant le grand rush. Pour plus de détails, une comparaison complète des adhésions est disponible sur le site du musée.

Comparaison des options de billets et d’adhésion
Type de billet Prix Avantages Recommandé pour
Billet journalier Variable selon exposition Accès unique, achat sur place ou en ligne (-2$) Visiteur occasionnel
Membre SOLO À partir de 95$/an Accès illimité, visites guidées gratuites, accès prioritaire Résident visitant 3+ fois/an
Membre DUO/TRIO À partir de 165$/an Avantages partagés pour 2 à 3 personnes Couples ou familles

Quand l’art guérit : comment le Musée des beaux-arts est devenu un pionnier de l’art-thérapie

Le dialogue que le MBAM entretient ne se limite pas à ses murs ou à son quartier ; il s’étend profondément dans le tissu social, explorant des territoires où l’art devient un outil de bien-être et de guérison. En se positionnant comme un « musée humaniste, inclusif et innovant », l’institution a initié un projet pionnier qui a fait grand bruit à l’international : les « ordonnances muséales ». En partenariat avec Médecins francophones du Canada, des médecins peuvent désormais prescrire des visites au musée à leurs patients souffrant de divers maux, qu’ils soient physiques ou mentaux.

Cette initiative révolutionnaire change la perception même du rôle d’un musée. Il n’est plus seulement un lieu de conservation et d’éducation, mais devient un espace thérapeutique, un havre de paix où la contemplation d’œuvres d’art peut contribuer à réduire le stress, à briser l’isolement et à stimuler le moral. Une visite au musée devient une prescription pour l’âme, une alternative douce aux traitements conventionnels. Le simple fait de se trouver dans un environnement esthétiquement riche, loin des soucis du quotidien, a des effets bénéfiques prouvés sur la santé.

Cette approche est le reflet d’une philosophie plus large qui guide le musée. Comme le résume une de ses missions, il ne s’agit pas seulement de transmettre des connaissances factuelles sur l’art, mais de toucher l’humain à un niveau plus profond.

Le MBAM travaille à développer, chez ce dernier, des regards critiques et des savoir-être plutôt que des savoir-faire.

– MBAM, Art Public Montréal

Cette citation illustre parfaitement l’ambition du musée : l’art n’est pas une compétence à acquérir, mais une expérience à vivre. Le programme d’art-thérapie en est la manifestation la plus concrète. Il prouve que le dialogue avec l’art peut être une source de réconfort et de résilience, affirmant le statut unique du MBAM comme une institution qui prend soin de sa communauté.

Beaux-Arts ou MAC : le grand duel des musées d’art de Montréal

Montréal est une métropole culturelle riche, et pour les amateurs d’arts visuels, deux noms reviennent constamment : le Musée des beaux-arts (MBAM) et le Musée d’art contemporain (MAC). Bien qu’ils soient tous deux des institutions de premier plan, les confondre ou les considérer comme interchangeables serait une erreur. Ils proposent des « dialogues » artistiques radicalement différents. Comprendre leurs spécificités est crucial pour choisir l’expérience qui correspond le mieux à vos attentes du moment.

Le MBAM est un musée encyclopédique. Sa mission est de couvrir l’ensemble de l’histoire de l’art, de l’Antiquité à nos jours, avec une force particulière pour l’art québécois et canadien. C’est un voyage à travers le temps et les civilisations. Le MAC, quant à lui, a un mandat beaucoup plus ciblé : il se consacre exclusivement à l’art actuel, produit depuis 1940. C’est un sismographe des tendances contemporaines, un espace dédié à l’expérimentation et aux questionnements de notre époque.

L’architecture et la localisation des deux musées reflètent également leurs vocations distinctes. Le MBAM, avec ses cinq pavillons interconnectés dans le chic Mile carré doré, a une stature classique et imposante. Le MAC, situé au cœur du vibrant Quartier des Spectacles, est un bâtiment unique, plus compact, tourné vers l’effervescence de la ville. L’un est un paquebot majestueux, l’autre un hors-bord agile. L’un accueille plus d’un million de visiteurs par année, en faisant l’un des musées les plus fréquentés au Canada, tandis que le MAC attire un public peut-être plus spécialisé.

Pour vous aider à choisir votre prochaine destination culturelle, voici un tableau comparatif qui résume les principales différences, basé sur une analyse des musées montréalais.

MBAM vs MAC : quel musée pour quelle expérience
Critère MBAM MAC
Collection Plus de 47 000 œuvres, de l’Antiquité à nos jours Art contemporain québécois et international post-1940
Localisation Mile carré doré, rue Sherbrooke Quartier des Spectacles
Superficie 5 pavillons interconnectés (53 095 m²) 1 bâtiment principal
Points forts Art québécois, design, maîtres anciens, cultures du monde Art actuel, installations immersives, performances
Public cible Tous âges, familles, touristes, amateurs d’histoire de l’art Amateurs d’art contemporain et de nouvelles tendances

En fin de compte, la question n’est pas de savoir lequel est le « meilleur », mais lequel correspond le mieux à votre « faim » culturelle du jour. Cherchez-vous la stabilité rassurante des grands maîtres ou le choc stimulant de la nouveauté ? Le MBAM et le MAC sont deux piliers complémentaires de l’écosystème artistique montréalais.

Un fil invisible dans le musée : suivez la piste de la lumière de Rembrandt à aujourd’hui

L’une des manières les plus enrichissantes d’aborder un musée aussi vaste que le MBAM est de le faire à travers un « parcours-dialogue » thématique. Au lieu de suivre un ordre chronologique ou géographique strict, on peut choisir un fil conducteur et le suivre à travers les salles et les époques. La lumière est l’un de ces fils invisibles les plus fascinants. De la lueur divine dans une peinture religieuse à l’éclat cru d’un néon dans une installation moderne, la manière dont les artistes capturent, représentent et utilisent la lumière en dit long sur leur époque et leur vision du monde.

Ce parcours peut commencer dans le pavillon Michal et Renata Hornstein, qui abrite la remarquable donation de maîtres anciens. Ici, on peut admirer le clair-obscur des peintres hollandais et flamands du XVIIe siècle, comme Rembrandt. La lumière n’est pas seulement descriptive ; elle est dramatique. Elle sculpte les formes, révèle les textures et crée une profondeur psychologique intense. C’est une lumière qui vient des ténèbres pour révéler une vérité intérieure.

En poursuivant ce parcours, on peut explorer d’autres interprétations de la lumière à travers les collections. C’est une quête qui peut vous mener d’un pavillon à l’autre, créant des ponts inattendus entre des œuvres que tout semble opposer. Voici un exemple de parcours thématique centré sur la lumière :

  1. Le clair-obscur dramatique : Commencez au pavillon Hornstein avec Rembrandt et ses contemporains pour comprendre comment la lumière peut créer du drame et de l’intimité.
  2. La lumière impressionniste : Dirigez-vous vers le pavillon Desmarais pour observer comment les impressionnistes du XIXe siècle, comme Claude Monet, ont cherché à capturer l’instant fugitif d’une lumière changeante, en extérieur.
  3. La lumière nordique : Dans la collection d’art québécois, attardez-vous sur les paysages de Clarence Gagnon ou du Groupe des Sept. Leur traitement de la lumière froide et vive du Canada est unique.
  4. La lumière comme matériau : Dans les salles d’art contemporain, découvrez des installations lumineuses et des projections vidéo où la lumière n’est plus un sujet représenté, mais le médium même de l’œuvre.
  5. La lumière et l’objet : Terminez dans la collection de design du pavillon Stewart pour voir comment les designers ont intégré la lumière dans des objets iconiques, des lampes Art déco aux créations modernes.

Suivre un tel fil rouge transforme la visite en une enquête passionnante. On ne regarde plus seulement des tableaux, on cherche des indices, on compare des techniques, on tisse des liens. C’est une approche active qui rend la visite bien plus mémorable qu’un simple survol des collections.

À retenir

  • La Stratégie Prime sur l’Exhaustivité : Une visite réussie au MBAM ne consiste pas à tout voir, mais à choisir consciemment un ou deux parcours qui vous interpellent.
  • Le Musée est un Écosystème : L’expérience du MBAM englobe ses collections, son architecture, son jardin de sculptures et ses programmes sociaux comme l’art-thérapie.
  • La Planification est la Clé : Pour éviter la fatigue et les foules, utilisez les outils en ligne pour réserver et choisissez des créneaux horaires stratégiques.

Le marathon culturel montréalais : le guide pour nourrir votre esprit sans vous épuiser

Visiter le MBAM peut être l’événement principal de votre journée ou de votre séjour, mais il s’inscrit souvent dans un désir plus large d’exploration culturelle. Montréal regorge d’institutions fascinantes, et la tentation de se lancer dans un « marathon culturel » est grande. Cependant, sans une bonne stratégie, ce marathon peut vite tourner à l’épuisement, un phénomène que l’on pourrait appeler la « saturation culturelle ». Nourrir son esprit est une excellente chose, mais il faut savoir le faire sans s’épuiser.

La clé de la « décompression culturelle » est l’équilibre. Il faut alterner les types d’expériences et prévoir des moments de pause. Enchaîner deux grands musées encyclopédiques dans la même journée est une recette pour l’indigestion. Il est plus judicieux de combiner une visite majeure, comme celle du MBAM, avec une expérience plus courte et différente. Par exemple, après l’immensité des collections du MBAM, une visite au Musée McCord, centré sur l’histoire sociale de Montréal, offre un contraste bienvenu. La Fonderie Darling dans le Vieux-Port, quant à elle, propose une immersion dans la création contemporaine dans un contexte industriel très différent.

Voici une suggestion de combo culturel équilibré sur 48 heures, avec le MBAM comme point d’ancrage :

  • Jour 1 (matin) : MBAM (3h max). Concentrez-vous sur deux pavillons maximum pour ne pas vous disperser.
  • Jour 1 (après-midi) : Musée McCord (1h30). Une plongée fascinante dans l’histoire de la ville.
  • Jour 1 (fin de journée) : Pause et contemplation dans le jardin de sculptures du Centre Canadien d’Architecture (CCA).
  • Jour 2 (matin) : MAC dans le Quartier des Spectacles (2h) pour une dose d’art contemporain.
  • Jour 2 (après-midi) : Fonderie Darling (1h30) pour découvrir un centre d’arts visuels dans un lieu atypique du Vieux-Port.

Même avec un bon plan, il est essentiel de s’écouter. La visite de l’exposition de Nicolas Party au MBAM en 2022, qui a attiré près de 300 000 visiteurs, a montré que même une seule exposition peut être une expérience intense et complète en soi. Parfois, la meilleure stratégie est de se consacrer pleinement à une seule expérience et de garder les autres pour une prochaine fois. Le plus important est que le dialogue avec l’art reste un plaisir, pas une obligation.

Vous avez maintenant toutes les clés pour transformer votre visite au Musée des beaux-arts de Montréal en une expérience personnelle et mémorable. L’étape suivante est de commencer à esquisser votre propre parcours-dialogue en explorant les collections et les expositions actuelles sur le site du musée.

Rédigé par Chloé Lapointe, Chloé Lapointe est une styliste personnelle et conseillère en image réputée depuis plus de 12 ans. Elle est experte dans l'art de révéler le style personnel et de construire une image authentique et affirmée.